Oumar Bin Al Khattab, dĂ©fenseur de l’Islam

11 Juin 2021

Dans son sermon du 11 juin 2021, Sa SaintetĂ© le Calife a Ă©voquĂ© d’autres incidents tirĂ©s de la vie d’Oumar Bin Al-Khattab, le deuxiĂšme Calife de l’Islam.

Sermon du vendredi 11 juin 2021, prononcĂ© par Sa SaintetĂ© le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, Ă  la mosquĂ©e Moubarak, Ă  Islamabad, Tilford au Royaume-Uni. AprĂšs le Tashahoud, le Ta’awudh et la Sourate Al-Fatiha, Sa SaintetĂ© le Calife a dĂ©claré :

J’évoquais dans mon prĂ©cĂ©dent sermon le traitĂ© de Houdaibiyya en rĂ©fĂ©rence Ă  ‘Oumar Ibn Al-Khattab. On rapporte Ă  ce sujet que les Banou Bakr, une des tribus alliĂ©es aux Qouraychites, avaient violĂ© ce pacte et attaquĂ© la tribu des Banou Khouza’a, l’alliĂ©e des musulmans. Les Qouraychites avaient d’ailleurs aidĂ© les Banou Bakr en leur fournissant armes et montures, violant ainsi le traitĂ© de Houdaybiyya. Abou Soufyan Ă©tait alors venu Ă  MĂ©dine, voulant renouveler le traitĂ©. Il est parti voir le Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.) mais celui-ci ne lui a pas rĂ©pondu. Ensuite Abou Soufyan s’est rendu chez Abou Bakr (r.a.) et lui a demandĂ© d’intercĂ©der auprĂšs du Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.) en sa faveur. Mais Abou Bakr a refusĂ© de le faire. Abou Soufyan s’est rendu chez ‘Oumar. Il lui a rĂ©pondu : « Souhaites-tu que j’intercĂšde en ta faveur auprĂšs du Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.) ? Par Dieu ! MĂȘme si je possĂ©dais ne serait-ce qu’une brindille je me battrais contre vous autres avec ! »

Le docteur Ali Al-Sallabi Ă©crit ceci Ă  propos de la conquĂȘte de La Mecque. « Quand le Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.) est arrivĂ© Ă  Marr al-Zahran, Abou Soufyan a commencĂ© Ă  s’inquiĂ©ter pour sa personne. ‘Abbas, l’oncle du Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.), lui a conseillĂ© de demander la protection du Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.). ‘Abbas dĂ©clare : « J’ai dit Ă  Abou Soufyan : « Malheur Ă  toi ! L’EnvoyĂ© d’Allah (s.a.w) est prĂ©sent ! » Abou Soufyan a rĂ©pondu : « Que mes parents soient sacrifiĂ©s pour toi ! Comment me sortir d’affaire ? » ‘Abbas a rĂ©pondu : « Par Allah ! Si ces gens t’attrapent, ils te tueront certainement ! Monte sur la mule derriĂšre moi. Je te prĂ©senterai au Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.). Ensuite je lui demanderai de t’accorder sa protection. » Il est montĂ© derriĂšre moi, relate ‘Abbas. Quand je passais devant un des feux allumĂ©s par les musulmans, ils me demandaient qui Ă©tait mon compagnon. Il faisait nuit et les musulmans avaient allumĂ© des feux. Quand ils voyaient le mulet du Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.) et que j’étais dessus, ils s’exclamaient : « L’oncle de l’EnvoyĂ© d’Allah (s.a.w) se trouve sur son mulet ! » J’ai avancĂ© tant et si bien que je suis passĂ© devant le feu d’Oumar Ibn Al-Khattab. Il a demandé : « Qui est-ce ? » ‘Oumar s’est tenu Ă  cĂŽtĂ© de moi. Lorsqu’il a vu Abou Soufyan il s’est exclamé : « Abou Soufyan ! L’ennemi d’Allah ! Toutes les louanges appartiennent Ă  Allah qui nous a accordĂ© une victoire inconditionnelle sur toi ! »

Ensuite ‘Abbas a tirĂ© Abou Soufyan pour le prĂ©senter au Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.). ‘Oumar Ă©tait aussi de la compagnie. Il a dĂ©claré : « Ô EnvoyĂ© d’Allah (s.a.w) ! Permettez-moi de le dĂ©capiter ! » ‘Abbas a dĂ©claré : « Ô EnvoyĂ© d’Allah ! Je lui a offert ma protection. » Quand ‘Oumar a insistĂ©, j’ai dĂ©claré : « Ô ‘Oumar ! Attends un peu ! Si Abou Soufyan appartenait [Ă  ta tribu] les Banou Adi, tu n’aurais pas rĂ©pĂ©tĂ© ces propos. Tu sais qu’il appartient au Banou ‘Abd Manaf ! » Oumar a rĂ©pliqué : « Ecoute ‘Abbas ! Par Allah ! Ta conversion Ă  l’islam m’a rĂ©joui plus que si mon pĂšre s’y Ă©tait converti, car je savais que le Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.) apprĂ©ciait davantage ta conversion que celle d’Al-Khattab (mon pĂšre). »

Sur ce, le Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.) a dĂ©claré : « Ô ‘Abbas ! Retourne avec Abou Soufyan et reviens le lendemain. »

C’était lĂ  une conversation entre ‘Oumar et ‘Abbas. En fin de compte, le Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.) a demandĂ© Ă  ‘Abbas de repartir avec Abou Soufyan Ă©tant donnĂ© qu’il lui avait accordĂ© sa protection. L’EnvoyĂ© d’Allah (s.a.w) n’avait, quant Ă  lui, rien Ă  dire Ă  Abou Soufyan.

Abou Bakr Ibn ‘Abdir Rahman relate qu’au cours du mois de Cha’ban en l’an sept de l’HĂ©gire, l’EnvoyĂ© d’Allah (s.a.w) a envoyĂ© ‘Oumar Ibn Al-Khattab pour une expĂ©dition avec trente personnes dans la vallĂ©e de Tourabah contre un des clans des Banou Hawazin. Cette vallĂ©e est situĂ©e Ă  deux jours de voyage de La Mecque oĂč rĂ©sidaient les Banou Hawazin.

Il s’agit de deux jours de voyage Ă  dos de monture utilisĂ©e Ă  l’époque.

Bouraidah Al-Aslami relate que quand le Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.) est descendu Ă  Khaybar, il a confiĂ© l’étendard Ă  ‘Oumar Ibn al-Khattab.

LĂ  oĂč il sera question de distance mesurĂ©e en termes de jours, il s’agira de voyage parcouru Ă  dos d’animal.

Selon les recueils de Sirah, les grands drapeaux ont Ă©tĂ© Ă©voquĂ©s la premiĂšre fois en rĂ©fĂ©rence Ă  la bataille de Khaybar. On n’évoquait naguĂšre que des Ă©tendards [de petite taille]. Bouraidah Al-Aslami relate que le Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.) est parti Ă  Khaybar et il a confiĂ© son drapeau Ă  ‘Oumar Ibn Al-Khattab (r.a) ; [et, comme mentionnĂ©, il dit que] selon les recueils de Sirah, les [grands] drapeaux ont Ă©tĂ© Ă©voquĂ©s la premiĂšre fois en rĂ©fĂ©rence Ă  la bataille de Khaybar. On n’évoquait naguĂšre que de petits Ă©tendards. Le drapeau du Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.) Ă©tait de couleur noire : il a Ă©tĂ© prĂ©parĂ© Ă  partir d’un drap appartenant Ă  ‘AĂŻcha. Il Ă©tait nommĂ© ‘OuqĂąb.

Son deuxiĂšme drapeau Ă©tait blanc : il l’avait confiĂ© Ă  ‘Ali. Le premier drapeau Ă©tait couleur noire : il a Ă©tĂ© fabriquĂ© Ă  partir d’un drap appartenant Ă  ‘AĂŻcha, la mĂšre des Croyants. Le deuxiĂšme drapeau Ă©tait de couleur blanche : il l’avait confiĂ© Ă  ‘Ali. Il avait confiĂ© un autre drapeau Ă  Habab ibn Moundhir et un autre Ă  Sa’d ibn ‘Oubadah.

Lorsque le Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.) a visitĂ© Khaybar, il souffrait de douleurs Ă  la tempe et ne pouvait pas sortir. En cette occasion, il a d’abord confiĂ© son drapeau Ă  Abou Bakr, puis le mĂȘme drapeau Ă  ‘Oumar. La bataille Ă©tait violente ce jour-lĂ . Mais les musulmans n’ont pas pu conquĂ©rir le fort. Le Saint ProphĂšte (s.a.w.) a dĂ©claré : « Demain, je confierai le drapeau Ă  la personne par qui Allah accordera la victoire. » Ainsi, le lendemain, le ProphĂšte (s.a.w.) a confiĂ© le drapeau Ă  ‘Ali, grĂące Ă  qui Allah a accordĂ© la victoire aux musulmans.

Ibn Ishaq dĂ©clare : « J’ai demandĂ© Ă  Ibn Chahab al-Zouhri sous quelles conditions le Saint ProphĂšte avait confiĂ© les palmeraies de Khaybar aux Juifs. Zuhri a dĂ©clarĂ© que le ProphĂšte (s.a.w.) avait conquis Khaybar aprĂšs la bataille et Khaybar Ă©tait l’une des richesses qu’Allah a accordĂ©es au ProphĂšte (s.a.w.). Un cinquiĂšme Ă©tait pour le Messager d’Allah (s.a.w.) et il l’a distribuĂ© parmi les musulmans. Certains Juifs sont descendus de leurs forts aprĂšs la bataille et Ă©taient prĂȘts Ă  partir en exil. Le Messager d’Allah (s.a.w.) les a appelĂ©s et leur a dit : « Si vous le souhaitez, ces propriĂ©tĂ©s peuvent vous ĂȘtre confiĂ©es Ă  condition que vous y travailliez et que les fruits soient partagĂ©s entre vous et nous. »

En d’autres termes, la division de cette propriĂ©tĂ© se fera si vous souhaitez rester ici. « Et je vous ferai rester lĂ  oĂč Allah souhaite que vous demeuriez. » Les Juifs ont acceptĂ© sa proposition. Ils ont continuĂ© Ă  travailler dans ces palmeraies. Le Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.) avait l’habitude d’envoyer ‘Abdoullah ibn Rawaha pour distribuer les fruits de ces palmeraies et de faire preuve d’équitĂ© dans l’estimation des fruits pour les Juifs. Non pas qu’il gardait pour lui les meilleurs fruits : ils Ă©taient distribuĂ©s Ă©quitablement. Ensuite, quand le Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.) est dĂ©cĂ©dĂ©, Abou Bakr a Ă©galement traitĂ© les Juifs Ă  la mĂȘme maniĂšre du Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.). ‘Oumar les a traitĂ©s de la mĂȘme maniĂšre au dĂ©but de son califat. Ensuite ‘Oumar a su que le Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.) dit lors de sa derniĂšre maladie que les deux religions ne coexisteront pas dans la pĂ©ninsule arabique. ‘Oumar a fait des recherches Ă  ce propos et quand cette parole a Ă©tĂ© attestĂ©e, il a Ă©crit aux Juifs de Khaybar : « Allah a ordonnĂ© votre expulsion. J’ai reçu la nouvelle que le Saint ProphĂšte (s.a.w.) a dit que deux religions ne coexisteront pas dans la pĂ©ninsule arabique. Si le Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.) avait fait un pacte avec un Juif, qu’il se prĂ©sente afin que je puisse l’entĂ©riner. Celui qui n’a pas conclu d’alliance avec le Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.) peut se prĂ©parer Ă  l’exil. »

« Si le Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.) avait fait une promesse avec quelqu’un il pouvait rester, je respecterai cette promesse. Mais si pareille promesse n’existe pas, vous allez devoir quitter cet endroit. » ‘Oumar a exilĂ© ceux qui n’avaient pas conclu d’alliance avec le ProphĂšte (s.a.w.).

‘Abdoullah ibn ‘Oumar dĂ©clare : « Je suis parti avec Zoubayr ibn Al-‘Awwam et Miqdad ibn Aswad pour voir ma propriĂ©tĂ© Ă  Khaybar. Quand nous y sommes arrivĂ©s, nous nous sommes sĂ©parĂ©s afin de nous rendre sur nos propriĂ©tĂ©s. J’ai Ă©tĂ© attaquĂ© la nuit pendant que je dormais dans mon lit. Les articulations de mes bras ont Ă©tĂ© disloquĂ©es de mes coudes. Le matin venu, mes deux compagnons sont venus vers moi en criant et tout deux ont demandé : « Qui t’a fait cela ? » J’ai dit que je l’ignorais. Ils ont remis mes bras Ă  leur place et m’ont ensuite emmenĂ© chez le Calife ‘Oumar. Celui-ci a dĂ©claré : « C’est un acte des Juifs. » Puis il s’est levĂ© pour s’adresser au peuple et a dit : « Ô gens, le Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.) avait conclu un traitĂ© avec les Juifs de Khaybar Ă  condition que nous les expulserons quand nous le souhaiterons. Les Juifs ont attaquĂ© ‘Abdoullah Ibn ‘Oumar et ont disloquĂ© ses bras, comme vous le savez dĂ©jĂ . Ils avaient dĂ©jĂ  attaquĂ© un Ansari et nous n’avons aucun doute qu’il s’agit de leurs alliĂ©s. Nous n’avons aucun ennemi lĂ -bas Ă  part eux. Quiconque possĂšde des biens Ă  Khaybar doit s’en occuper car je vais expulser les Juifs. »

Et il les a expulsés.

‘Abdoullah ibn Miknaf relate : « Lorsque Oumar (r.a.) a chassĂ© les Juifs de Khaybar, il est montĂ© avec les Ansar et les Mouhajirin. Jabbar ibn Sakhr et Yazid ibn Thabit sont Ă©galement sortis avec eux. Jabbar Ă©tait celui qui estimait les fruits pour les habitants de MĂ©dine et Ă©tait leur comptable. Les deux ont divisĂ© Khaybar parmi ses membres conformĂ©ment Ă  la division existante.

Il y a l’incident de la lettre envoyĂ©e par Hatib par l’entremise d’une femme Ă  La Mecque. Il voulait informer secrĂštement les polythĂ©istes de La Mecque Ă  propos de certaines intentions du Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.). Allah avait informĂ© celui-ci et il avait envoyĂ© ‘Ali pour intercepter la femme en cours de route. Le ProphĂšte (s.a.w.) a questionnĂ© Hatib Ă  ce propos qui a offert ses explications et qui a dĂ©clarĂ© que sa foi ne s’était pas affaiblie, mais qu’elle Ă©tait tout aussi parfaite. Hatib a offert ces assurances que le Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.) a acceptĂ©es. Mais ‘Oumar (r.a.) a dĂ©claré : « Ô Messager d’Allah ! Laissez-moi dĂ©capiter cet hypocrite ! » Le Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.) a dit : « Il avait pris part Ă  la bataille de Badr. Sais-tu qu’Allah a dit Ă  propos de ces combattants : « Faites ce que vous souhaitez. J’ai fermĂ© les yeux sur vos pĂ©chĂ©s et vous ai pardonnĂ©. » ? »

Il y existe un autre incident qui n’est pas liĂ© directement Ă  ‘Oumar (r.a.) mais oĂč il est mentionnĂ© implicitement. Abou Qatada dĂ©clare : « Lors de la bataille de Hounayn j’ai vu un homme parmi les musulmans qui combattait un polythĂ©iste. Un autre polythĂ©iste l’a trompĂ© et l’a secrĂštement attaquĂ© par derriĂšre. Voyant cela, je me suis prĂ©cipitĂ© vers l’homme qui voulait tromper un musulman. Il a levĂ© sa main pour me frapper et j’ai frappĂ© la sienne et je l’ai tranchĂ©e. Ensuite, il m’a attrapĂ© et m’a tirĂ© si fort que je suis devenu impuissant. Puis il m’a laissĂ© et s’est relĂąchĂ© et je l’ai poussĂ© et tuĂ©. D’autre part, les musulmans avaient Ă©tĂ© vaincus et Ă©taient en dĂ©route. Je me suis Ă©galement enfui avec eux.

Ensuite, j’ai vu qu’Oumar ibn Al-Khattab Ă©tait avec eux. Je lui ai dit : « Pourquoi les musulmans ont-ils pris la fuite ? » ‘Oumar a rĂ©pondu : « C’est la volontĂ© d’Allah. » Puis le peuple est retournĂ© vers le Messager d’Allah (s.a.w.). Celui-ci a dĂ©claré : « Quiconque apporte la preuve qu’il a tuĂ© untel, les biens de sa victime lui appartiendront. » Je me suis levĂ© pour chercher des preuves sur ma victime. Mais je n’en ai pas trouvĂ© et je me suis assis. Puis j’ai dĂ©cidĂ© de raconter l’incident de ce combat au Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.). L’une des personnes assises dans l’assistance a dĂ©claré : « J’ai les armes de celui qu’il a tuĂ©. Mais au lieu de les lui offrir, offrez-lui quelque chose en Ă©change pour le satisfaire. » Abou Bakr a dĂ©claré : « Il n’est pas possible pour l’EnvoyĂ© d’Allah (s.a.w) de donner les biens Ă  une personne ordinaire des Qouraychites et de laisser les mains vide l’un des lions d’Allah qui s’est battu pour Allah et Son Messager. »

Abou Qatada dĂ©clare : « Le Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.) s’est levĂ© et m’a offert ces biens. J’en ai achetĂ© une petite palmeraie. C’était la premiĂšre propriĂ©tĂ© que j’ai acquis en l’islam. »

Ibn ‘Oumar relate : « Lorsque nous sommes revenus de Hounayn, ‘Oumar (r.a.) a interrogĂ© le Saint ProphĂšte (s.a.w.) sur un vƓu qu’il avait fait Ă  l’époque de l’ignorance : il s’agissait d’accomplir l’i’tikĂąf. Le Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.) lui a demandĂ© d’accomplir ce vƓu, mĂȘme s’il datait de l’époque de l’ignorance.

Il est nĂ©cessaire de remplir toute promesse existante tout en respectant les principes de l’islam. Ceci est une condition nĂ©cessaire Ă  respecter en ces cas.

Quelle est le rĂŽle d’Oumar dans la bataille de Tabouk ? Avant cette bataille le Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.) avait fait un appel spĂ©cial aux dons. ‘Oumar raconte son histoire en ces termes. « Un jour, le Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.) nous a demandĂ© de faire de l’aumĂŽne. J’avais des biens Ă  l’époque et je me suis dit : « Aujourd’hui est le jour pour dĂ©passer Abou Bakr ! » J’ai apportĂ© la moitiĂ© de mes biens. L’EnvoyĂ© d’Allah (s.a.w) m’a demandé : « Qu’est-ce que tu as laissĂ© pour ta famille ? » J’ai rĂ©pondu que j’avais laissĂ© autant que j’avais apportĂ©. Abou Bakr quant Ă  lui avait apportĂ© tout ce qu’il possĂ©dait. J’ai apportĂ© la moitiĂ© de mes biens et Abou Bakr a apportĂ© toute sa fortune. Le Saint ProphĂšte (s.a.w.) lui a Ă©galement demandĂ© ce qu’il avait laissĂ© pour sa famille. Il a rĂ©pondu : « Je leur ai laissĂ© Allah et Son Messager. » ‘Oumar s’est dit : « J’ai alors compris que je ne pourrai jamais le dĂ©passer dans quelque domaine que ce soit. »

Hazrat Mouslih Maw’oud (r.a.) relate Ă  ce propos : « ‘Oumar (r.a.) raconte Ă  propos d’un djihad : « Abou Bakr m’a toujours dĂ©passĂ©. Aujourd’hui, je vais le surpasser. »

« Je suis rentrĂ© chez moi et, prenant la moitiĂ© de ma fortune, je l’ai prĂ©sentĂ©e au Saint ProphĂšte (s.a.w.). C’était une pĂ©riode de grande Ă©preuve pour l’islam. Mais Abou Bakr a apportĂ© toute sa fortune et l’a offerte au Saint ProphĂšte (s.a.w.). Celui-ci lui a demandé : « Qu’est-ce que vous avez laissĂ© Ă  la maison ? Il a rĂ©pondu : « Allah et Son Messager ! » ‘Oumar (r.a.) dĂ©clare : « J’ai Ă©tĂ© trĂšs embarrassĂ© d’entendre cela et j’ai pensĂ© qu’aujourd’hui je voulais surpasser Abou Bakr mais qu’il m’avait devancĂ© aujourd’hui encore. »

Le Messie Promis (a.s.) dĂ©clare : « Il fut un temps oĂč les gens sacrifiaient leur vie comme des moutons et des chĂšvres pour la religion divine. On trouve mention des fortunes des uns et des autres. Abou Bakr Siddiq (r.a.) a sacrifiĂ© toute sa fortune plus d’une fois. Ce n’était pas un Ă©vĂ©nement ponctuel. Cela s’est passĂ© plus d’une fois. Il n’a mĂȘme pas gardĂ© une aiguille Ă  la maison. Plus d’une fois ‘Oumar (r.a.) selon ses dispositions et ‘Outhman (r.a.) selon les siennes et son statut en ont fait de mĂȘme. Tous les compagnons Ă©taient prĂȘts Ă  sacrifier leur vie et leurs biens pour cette religion divine. »

En faisant rĂ©fĂ©rence Ă  sa Jama’at, le Messie Promis (a.s.) explique : « C’est lĂ  leur exemple. Mais il y a aussi d’autres qui [me] prĂȘtent allĂ©geance et promettent de prĂ©fĂ©rer la religion au monde. Or, quand on leur demande aide et soutien, ils ferment leurs poches. Peut-on atteindre quelque but religieux en aimant ainsi le monde ? L’existence de pareils individus peut-elle ĂȘtre d’un quelconque bĂ©nĂ©fice Ă  la cause prophĂ©tique ? Absolument pas. Allah dĂ©clare : « Jamais vous n’atteindrez la vraie droiture tant que vous ne dĂ©pensez pas vos biens les plus chers dans le chemin d’Allah. » »

Quelle a Ă©tĂ© la rĂ©action d’Oumar (r.a.) lorsque le Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.) est dĂ©cĂ©dé ? Ibn ‘Abbas relate : « L’heure de la mort du Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.) approchait et il y avait des hommes dans la maison dont ‘Oumar ibn al-Khattab. Le Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.) a dĂ©claré : « Laissez-moi vous dicter quelque conseil aprĂšs lequel vous ne vous Ă©garerez pas. »

Il s’agit des derniers jours de la maladie du Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.). Sur ce, ‘Oumar a dit aux gens qui Ă©taient assis autour : « L’EnvoyĂ© d’Allah (s.a.w) est trĂšs malade et vous disposez du Coran. Le Livre d’Allah vous suffit. »

Ceux prĂ©sents dans la maison n’étaient pas d’accord et se sont disputĂ©s. Lors de la discussion certains disaient : « Apportez un morceau de papier et une plume afin que l’EnvoyĂ© d’Allah (s.a.w) puisse vous Ă©crire quelque chose, aprĂšs quoi vous ne vous Ă©garerez pas. » Certains d’entre eux rĂ©pĂ©taient ce qu’Oumar avait dit : « Ne dĂ©rangez pas le ProphĂšte (s.a.w.) ! » Lorsque la discussion a pris de l’ampleur, le Saint ProphĂšte (s.a.w.) a dit : « Sortez d’ici ! »

Ce récit est tiré du recueil de Mouslim. On en trouve aussi mention dans le recueil de Boukhari.

‘Oubaydoullah ibn ‘Abdillah rapporte d’Ibn ‘Abbas : « Quand la maladie du Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.) s’est aggravĂ©e, il a dit : « Apportez-moi quelque chose pour Ă©crire afin que je vous dicte [des consignes] que vous n’oublierez pas. »

‘Oumar a dit Ă  ceux qui Ă©taient autour de lui : « La maladie du Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.) s’est aggravĂ©e. Nous disposons du livre d’Allah et cela nous suffit. »

C’est pour cette raison que ce n’était pas la peine de dĂ©ranger le Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.).

Ils se sont disputés entre eux à ce propos et ils ont fait beaucoup de bruit. Le Saint ProphÚte Muhammad (s.a.w.) a déclaré : « Levez-vous et partez de là ! Vous ne devez pas vous disputer autour de moi. »

Sur ce, Ibn ‘Abbas est sorti et disait : « La plus grande perte Ă©tait qu’on avait empĂȘchĂ© le Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.) d’écrire [ce qu’il souhaitait]. »

Syed Zain-ul-Abidin Waliullah Shah Sahib a commentĂ© sur une partie de ce que j’ai dĂ©crit. Il dĂ©clare : « Les paroles :

Ù„Ű§ ŰȘŰ¶Ù„ÙˆŰ§ ŰšŰčŰŻÛ

dĂ©montrent clairement que mĂȘme durant ces derniers jours, le ProphĂšte (s.a.w.) s’inquiĂ©tait du fait que les musulmans ne sombrent dans l’oubli. DalĂąlun signifie l’oubli et l’égarement. Ensuite, le hadith affirme :

ŰșÙ„ŰšÙ‡ Ű§Ù„ÙˆŰŹŰč

C’est-Ă -dire que la maladie avait Ă©puisĂ© le Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.). ‘Oumar avait prononcĂ© ces paroles. Shah Sahib dĂ©clare qu’Oumar n’imaginait mĂȘme pas que le Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.) pourrait mourir. Il a dĂ©claré que nous disposons du Livre d’Allah et cela nous suffit, car Allah dĂ©clare dans le Saint Coran :

Ù…ÙŽŰ§ ÙÙŽŰ±Ù‘ÙŽŰ·Ù’Ù†ÙŽŰ§ فِي Ű§Ù„Ù’ÙƒÙŰȘÙŽŰ§ŰšÙ مِنْ ŰŽÙŽÙŠÙ’ŰĄÙ

Il dit dans un autre verset :

ŰȘÙŰšÙ’ÙŠÙŽŰ§Ù†Ù‹Ű§ لِكُلِّ ŰŽÙŽÙŠÙ’ŰĄÙ

C’est-Ă -dire que ce livre explique tout clairement, Nous n’y avons laissĂ© aucune lacune. Le rĂ©cit rapporte aussi ces propos:

Ù„Ű§ ÛŒÙ†ŰšŰșي ŰčÙ†ŰŻÙŠ Ű§Ù„ŰȘÙ†Ű§ŰČŰč

Certaines personnes qui Ă©taient aussi sensibles qu’Oumar ont dĂ©clarĂ© qu’on ne doit pas dĂ©ranger le Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.) en pareil moment. D’autres disaient qu’on devait obĂ©ir Ă  l’ordre du Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.) et lui apporter du papier et de l’encre. Lorsqu’une dispute a Ă©clatĂ© entre eux, le Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.) leur a demandĂ© de partir. Il a dit : « Ne faites pas du bruit auprĂšs de moi. » Cela dĂ©montre que le Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.) avait un tel respect du Livre d’Allah, que mĂȘme dans cet Ă©tat d’agitation, aprĂšs avoir entendu ‘Oumar, il n’a pas rĂ©pĂ©tĂ© la requĂȘte de lui apporter du papier et de l’encre. Selon un autre rĂ©cit d’Al-Boukhari, le Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.) a vĂ©cu quelques jours aprĂšs cet incident et a prodiguĂ© d’autres conseils, mais il n’a pas rĂ©pĂ©tĂ© cette requĂȘte. Ces commandements qu’il souhaitait faire consigner en Ă©crit Ă©taient d’ores et dĂ©jĂ  prĂ©sents dans le Livre d’Allah. C’était comme s’il insistait de s’accrocher au Coran. Le Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.) a soutenu ‘Oumar et est restĂ© silencieux. Il s’agit d’une dĂ©fĂ©rence que ne respectent pas les soi-disant savants d’aujourd’hui. Lorsqu’ils expriment une opinion ils la considĂšrent comme parole rĂ©vĂ©lĂ©e. Nous ne devrions jamais oublier l’exemple pur du Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.). Rien n’a de l’importance devant le Livre d’Allah. »

‘Ourwah ibn Zoubayr relate ceci de la part d’AĂŻcha, l’épouse du Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.) : « L’EnvoyĂ© d’Allah (s.a.w) est dĂ©cĂ©dĂ© et Abou Bakr Ă©tait Ă  Sana, situĂ© Ă  trois kilomĂštres dans les alentours de MĂ©dine. En entendant cette nouvelle, ‘Oumar qui Ă©tait sorti dans la banlieue, a dĂ©claré : « Par Allah ! L’EnvoyĂ© d’Allah (s.a.w) n’est pas mort ! » ‘AĂŻcha disait qu’Oumar (r.a.) avait l’habitude de dire : « Par Dieu ! C’est cette pensĂ©e qui m’a traversĂ© le cƓur, Ă  savoir qu’Allah enverra certainement le Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.) afin qu’il puisse trancher les mains et les pieds de certains hommes. »

‘Oumar n’était pas prĂȘt d’accepter que le Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.) Ă©tait dĂ©cĂ©dĂ© et il croyait qu’il allait retourner Ă  la vie.

Entre-temps, Abou Bakr est revenu. Il a enlevĂ© le tissu qui recouvrait le visage du Sait ProphĂšte Muhammad (s.a.w.) et l’a embrassĂ© en disant : « Que mes parents soient sacrifiĂ©s pour vous ! Vous ĂȘtes pur dans la vie comme dans la mort. Je jure par Celui qui dĂ©tient ma vie : Allah ne vous fera jamais goĂ»ter deux morts ! » En disant cela, Abou Bakr (r.a.) s’est rendu dans l’assistance et a dĂ©claré : « Toi qui jures, assieds-toi ! » C’est-Ă -dire qu’il s’est adressĂ© Ă  ‘Oumar (r.a.) et a dit : « ArrĂȘte de jurer ! » Quand Abou Bakr (r.a.) a commencĂ© Ă  parler, ‘Oumar (r.a.) s’est assis. Abou Bakr (r.a.) a fait les louanges d’Allah et a dĂ©claré : « Que celui qui adorait Muhammad (s.a.w.) sache que Muhammad est bel et bien mort. Quiconque adorait Allah, qu’il se souvienne qu’Allah est vivant et ne mourra jamais. »

Et Abou Bakr a récité ce verset :

Ű„ÙÙ†Ù‘ÙŽÙƒÙŽ مَيِّŰȘٌ ÙˆÙŽŰ„ÙÙ†Ù‘ÙŽÙ‡ÙÙ…Ù’ مَيِّŰȘُونَ

C’est-Ă -dire : « Tu vas mourir et eux-aussi mourront. »

Il a aussi récité ce verset :

ÙˆÙŽÙ…ÙŽŰ§ Ù…ÙŰ­ÙŽÙ…Ù‘ÙŽŰŻÙŒ Ű„ÙÙ„Ù‘ÙŽŰ§ Ű±ÙŽŰłÙÙˆÙ„ÙŒ Ù‚ÙŽŰŻÙ’ ŰźÙŽÙ„ÙŽŰȘْ مِنْ Ù‚ÙŽŰšÙ’Ù„ÙÙ‡Ù Ű§Ù„Ű±Ù‘ÙŰłÙÙ„Ù ŰŁÙŽÙÙŽŰ„ÙÙ†Ù’ Ù…ÙŽŰ§ŰȘَ ŰŁÙŽÙˆÙ’ قُŰȘِلَ Ű§Ù†Ù’Ù‚ÙŽÙ„ÙŽŰšÙ’ŰȘُمْ Űčَلَى ŰŁÙŽŰčÙ’Ù‚ÙŽŰ§ŰšÙÙƒÙÙ…Ù’ وَمَنْ ÙŠÙŽÙ†Ù’Ù‚ÙŽÙ„ÙŰšÙ’ Űčَلَى ŰčÙŽÙ‚ÙŰšÙŽÙŠÙ’Ù‡Ù فَلَنْ ÙŠÙŽŰ¶ÙŰ±Ù‘ÙŽ Ű§Ù„Ù„Ù‘ÙŽÙ‡ÙŽ ŰŽÙŽÙŠÙ’ŰŠÙ‹Ű§ ÙˆÙŽŰłÙŽÙŠÙŽŰŹÙ’ŰČِي Ű§Ù„Ù„Ù‘ÙŽÙ‡Ù Ű§Ù„ŰŽÙ‘ÙŽŰ§ÙƒÙŰ±ÙÙŠÙ†ÙŽ

« Et Muhammad n’est qu’un Messager. En vĂ©ritĂ©, (tous) les Messagers avant lui sont morts. Alors s’il mourait ou s’il Ă©tait tuĂ©, retourneriez-vous sur vos pas ? Et celui qui retourne sur ses pas ne nuira nullement Ă  Allah. Et Allah rĂ©compensera sĂ»rement ceux qui sont reconnaissants. » (3 : 145)

Soulayman disait que lorsque les gens ont entendu cela, ils ont tellement pleurĂ© qu’ils ont commencĂ© Ă  avoir des hoquets.

Ibn ‘Abbas dĂ©clare : « Par Allah ! Il semblait que les gens ne savaient mĂȘme pas qu’Allah avait rĂ©vĂ©lĂ© ce verset jusqu’au moment oĂč il l’a rĂ©citĂ©, comme si tous ces gens avaient appris ce verset d’Abou Bakr. Ensuite tout le monde le rĂ©citait. »

Al-Zouhri relate que Sa’id ibn Mousayyib lui a dit qu’Oumar (r.a.) a dĂ©claré : « Par Allah ! DĂšs que j’ai entendu Abou Bakr rĂ©citer ce verset, j’ai eu tellement peur que mes pieds ne pouvaient plus me soutenir. Je suis tombĂ© au sol. Quand Abou Bakr a rĂ©citĂ© ce verset, j’ai su que le Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.) Ă©tait vraiment mort. »

Le Messie Promis (a.s.) a citĂ© le texte arabe de ce hadith en question. J’en prĂ©sente ici la traduction. Le texte [original] sera publiĂ© ultĂ©rieurement. Le Messie Promis (a.s.) dĂ©clare : « Ibn ‘Abbas relate qu’Abou Bakr est sorti le jour du dĂ©cĂšs du Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.). ‘Oumar s’adressait Ă  l’assistance. C’est-Ă -dire, il disait que le Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.) n’était pas mort mais vivant. Alors Abou Bakr a dit : « Ô Oumar ! Assied-toi ! » Mais ‘Oumar a refusĂ© de s’asseoir. Les gens se sont tournĂ©s vers Abou Bakr et ont quittĂ© ‘Oumar (r.a.). Alors Abou Bakr a dĂ©claré : « Louange Ă  Allah ! Quiconque d’entre vous adorait Muhammad, qu’il sache que Muhammad est mort. Quiconque d’entre vous adorait Allah, certainement Allah est vivant, et Il ne mourra pas. La preuve de la mort du Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.) est qu’Allah dĂ©clare qu’il n’est qu’un messager et tous les messagers ont sont dĂ©cĂ©dĂ©s avant lui. Abou Bakr a rĂ©citĂ© ce verset jusq’au mot « Al-chĂąkirĂźn ». Ensuite, le narrateur dĂ©clare : « C’est comme si les gens ignoraient que ce verset avait Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ© par Dieu et qu’ils l’ont dĂ©couvert seulement quand Abou Bakr l’a rĂ©citĂ©. Tous les Compagnons ont appris ce verset d’Abou Bakr et aucun compagnon ou non-compagnon n’a cessĂ© de le rĂ©citer. ‘Oumar lui-mĂȘme dĂ©clare : « Par Dieu ! J’ai entendu ce verset d’Abou Bakr. Quand il l’a rĂ©citĂ© j’ai perdu tous mes sens et mes jambes ne pouvaient plus me soutenir. Je suis tombĂ© au sol quand j’ai entendu ce verset qui disait que le Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.) Ă©tait mort.

Voici le texte d’Al-Qastalani, dans le Charh al-Boukhari : « ‘Oumar ibn al-Khattab disait : « Le Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.) n’est pas mort. Il ne mourra pas avant d’avoir tuĂ© les hypocrites. »

Voici un autre rĂ©cit Ă  ce propos. La traduction du texte est comme suit : « ‘Oumar Ibn Al-Khattab (r.a) disait : « Je trancherai de mon Ă©pĂ©e la tĂȘte de celui qui dĂ©clare que le Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.) est dĂ©cĂ©dé ! Il a Ă©tĂ© Ă©levĂ© au ciel Ă  l’instar d’Isa ibn Maryam. »

Abou Bakr a dĂ©claré : « Quiconque adore Muhammad (s.a.w.), qu’il sache qu’il est mort. Quiconque adore le Dieu de Muhammad (s.a.w), qu’il sache qu’Il est vivant et ne mourra pas. Dieu est Celui Qui vit Ă  tout jamais. Tous les ĂȘtres humains et animaux meurent. MĂȘme ceux qui pensent vivre Ă©ternellement doivent mourir au prĂ©alable.

Ensuite Abou Bakr (r.a.) a rĂ©citĂ© ce verset dont la traduction est : « « Et Muhammad n’est qu’un Messager. En vĂ©ritĂ©, tous les Messagers avant lui sont morts. Alors s’il mourait ou s’il Ă©tait tuĂ©, retourneriez-vous sur vos pas ? »

DĂšs que les gens ont entendu ce verset, ils ont abandonnĂ© leur idĂ©e. Si Abou Bakr (r.a.) n’avait pas tirĂ© cet argument du Coran que tous les ProphĂštes sont morts et aussi si cet argument n’était pas clair et concluant, alors les Compagnons qui selon vous dĂ©nombraient plus de cent mille  »

C’est-Ă -dire, selon l’interlocuteur du Messie Promis (a.s.) il y avait plus de cent mille Compagnons [Ă  l’époque].

« Comment ces compagnons ont-ils Ă©tĂ© convaincus par ces paroles douteuses. Pourquoi ces compagnons n’ont-ils pas dit : « Cher MaĂźtre ! Votre argument est incomplet et il n’y a pas de texte dĂ©fini entre vos mains. Ignorez-vous que le Coran dĂ©crit l’ascension de JĂ©sus au ciel dans son corps charnel dans le verset de RĂąfi’ouka Ilayya ? N’avez-vous pas entendu parler du verset Bal Rafa’ahoullaho ilaihi ? Alors pourquoi pensez-vous que l’ascension du ProphĂšte (s.a.w) aux cieux est impossible ? » Au contraire, les compagnons, qui connaissaient le Coran, ont abandonnĂ© la premiĂšre pensĂ©e en entendant le verset et l’explication du mot Khalat par la clause « s’il devait mourir ou s’il Ă©tait tué ». Oui, leurs cƓurs Ă©taient trĂšs tristes et brisĂ©s en raison de la mort du Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.). Leurs vies en ont Ă©tĂ© Ă©courtĂ©es. ‘Oumar dĂ©clare : « AprĂšs avoir entendu ce verset mes jambes ne pouvaient plus me soutenir et je suis tombĂ© au sol. » Saint est Allah ! Voyez Ă  quel point ils Ă©taient Ă©clairĂ©s et attachĂ©s au Coran. DĂšs qu’il a entendu le verset et s’est rendu compte que tous les prophĂštes prĂ©cĂ©dents Ă©taient morts, il a commencĂ© Ă  pleurer et a Ă©tĂ© empli de chagrin et il n’a rien fait. »

À une autre occasion, le Messie Promis (a.s.) a dit : « ‘Oumar (r.a.) a dĂ©claré : « Je tuerai de mon Ă©pĂ©e quiconque affirmera que Muhammad est mort. »

Il est clair que ‘Oumar (r.a.) s’était trompĂ© concernant la vie du Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.) et il considĂ©rait qu’affirmer que le ProphĂšte Ă©tait mort relevait de l’incrĂ©dulitĂ© et de l’apostasie. Que Dieu Tout-Puissant accorde des milliers de rĂ©compenses Ă  Abou Bakr (r.a.), qui a rapidement mis fin Ă  ces troubles et en prĂ©sentant la rĂ©alitĂ© que tous les prophĂštes du passĂ© sont morts. En fait, grĂące Ă  cette Ă©lucidation et ce consensus des compagnons, il a mis fin Ă  de nombreux faux prĂ©tendants Ă  la prophĂ©tie de l’époque dit Al-Fayj Al-A‘waj (Ăšre des tĂ©nĂšbres et de l’égarement). Tout comme Abou Bakr a fait tuer Musaylimah le Menteur et Aswad Al-Ansi, grĂące Ă  ce consensus de tous les compagnons, il a achevĂ© les faux prophĂštes de l’époque appelĂ©e Al-Fayj Al-A‘waj. C’est-Ă -dire il a Ă©liminĂ© cette idĂ©ologie trompeuse tout comme il a Ă©liminĂ© [ces faux prophĂštes]. En somme, il n’a pas tuĂ© quatre menteurs, mais cinq. »

Ensuite le Messie Promis (a.s.) dĂ©clare : « Ô Seigneur ! Accorde des millions de bĂ©nĂ©dictions Ă  leurs Ăąmes. Si le mot « Khalat » dans ce verset signifiait que certains prophĂštes sont toujours vivants au ciel, alors dans ce cas ‘Oumar (r.a.) aurait eu raison et ce verset ne lui est pas nuisible mais l’aurait soutenu. La phrase suivante de ce verset en est l’interprĂ©tation. [Il dĂ©clare] : « s’il mourrait ou s’il Ă©tait tué  » Le regard d’Abou Bakr (r.a.) est tombĂ© dessus : affirmer que cette clause signifie tout simplement que tous les prophĂštes du passĂ© sont « partis », soit qu’ils sont morts ou sont toujours vivants, est tromperie et subterfuge : il s’agit d’un mensonge flagrant contre la dĂ©claration divine. Ceux qui ne craignent pas le Jour du Jugement et l’interprĂštent contrairement Ă  l’interprĂ©tation de Dieu sont sans aucun doute sous la malĂ©diction Ă©ternelle. Mais ‘Oumar (r.a.) ne connaissait pas ce verset Ă  l’époque et certains des autres Compagnons souffraient Ă©galement de la mĂȘme idĂ©e fausse et Ă©taient pris dans l’oubli, qui est le lot de l’humanité ; et ils croyaient que certains ProphĂštes sont encore en vie et reviendront au monde : pourquoi alors le Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.) ne serait-il pas comme eux ? Mais Abou Bakr a rĂ©citĂ© le verset dans son intĂ©gralitĂ© et en lisant « s’il mourrait ou s’il Ă©tait tué » il a expliquĂ© clairement que le terme Khalat possĂšde uniquement ces deux sens : soit le fait de mourir d’une mort naturelle, soit ĂȘtre tuĂ©. C’est lĂ  qu’ils ont acceptĂ© leur erreur et tous les compagnons Ă©taient [dĂšs lors] unanimes que tous les prophĂštes d’antan sont morts et les mots « s’il mourrait ou s’il Ă©tait tué » les ont beaucoup affectĂ©s : tout le monde a abandonnĂ© les croyances contraires Ă  cela. Toutes les louanges sont dues Ă  Allah pour cela.

Le Messie Promis (a.s.) a prĂ©sentĂ© cela dans son ouvrage Touhfah Ghaznawiyyah. Ailleurs, il a dĂ©claré : « Lors du dĂ©cĂšs du Saint ProphĂšte (s.a.w.), il y a eu un consensus entre les compagnons que tous les prophĂštes Ă©taient morts. ‘Oumar (r.a,) avait dit au sujet du Saint ProphĂšte (s.a.w.), qu’il n’était pas encore mort, et il a brandi son Ă©pĂ©e. Abou Bakr (r.a.) s’est levĂ© et a proclamé :


ÙˆÙŽÙ…ÙŽŰ§ Ù…ÙŰ­ÙŽÙ…Ù‘ÙŽŰŻÙŒ Ű„ÙÙ„Ù‘ÙŽŰ§ Ű±ÙŽŰłÙÙˆÙ„ÙŒ Ù‚ÙŽŰŻÙ’ ŰźÙŽÙ„ÙŽŰȘْ مِنْ Ù‚ÙŽŰšÙ’Ù„ÙÙ‡Ù Ű§Ù„Ű±Ù‘ÙŰłÙÙ„Ù

Le moment quand le Saint ProphĂšte (s.a.w.) venait de quitter ce monde Ă©tait digne d’une scĂšne d’apocalypse et l’ensemble des compagnons Ă©taient rĂ©unis, et mĂȘme l’armĂ©e d’Oussama n’était pas encore partie. En rĂ©ponse Ă  ‘Oumar (r.a.), Abou Bakr (r.a.) avait proclamĂ© que Muhammad (s.a.w.) Ă©tait dĂ©cĂ©dĂ© et a rappelĂ©, en citant ce verset, qu’il n’était qu’un prophĂšte. Si les compagnons avaient une once de croyance dans le fait qu’Issa (a.s.) Ă©tait encore en vie, ils l’auraient niĂ©. Ils sont tous restĂ©s silencieux et ce verset Ă©tait [dĂšs lors] rĂ©citĂ© dans les points de rassemblements comme s’il venait d’ĂȘtre rĂ©vĂ©lĂ©. Les compagnons n’étaient pas des hypocrites et du genre Ă  se taire et Ă  ne pas rĂ©torquer en se laissant impressionner par Abou Bakr (r.a.). La rĂ©alitĂ© Ă©tait celle qui a Ă©tĂ© mentionnĂ©e par Abou Bakr (r.a.). C’est pour cette raison que tout le monde avait baissĂ© sa tĂȘte. Tel Ă©tait le consensus des compagnons. ‘Oumar (r.a.) disait Ă©galement que le Saint ProphĂšte (s.a.w.) reviendrait. Cet argument n’aurait Ă©tĂ© parfait qu’à condition qu’il n’y ait aucune exception Ă  ce sujet, car si Issa (as) Ă©tait montĂ© au ciel et qu’il devait en revenir, dans ce cas cet argument ne tiendrait pas la route ; il s’agirait mĂȘme d’une blague. ‘Oumar (r.a.) lui-mĂȘme l’aurait niĂ©.

Le Messie Promis (as) a mentionnĂ© ce point Ă  de nombreuses reprises dans ses diffĂ©rents Ă©crits. J’ai mentionnĂ© ces diffĂ©rents rĂ©cits afin que ceux qui croient qu’Issa (as) est vivant au ciel, puissent abandonner une telle croyance, et accepter qu’aucun homme n’est jamais montĂ© vivant au ciel, que cela est impossible, et qu’Issa (a.s.) est bel et bien dĂ©cĂ©dĂ©.

Ibn ‘Abbas (r.a.) a rapporté : « À l’époque du Califat d’Oumar (r.a.) je l’ai accompagnĂ© dans le cadre de son travail. Il avait un fouet dans la main, et personne d’autre que moi ne l’accompagnait. Il parlait tout seul et se fouettait les mollets. Soudainement, il s’est tournĂ© vers moi et a dit : « O Ibn ‘Abbas, sais-tu pourquoi j’ai dit le jour de la mort du Saint ProphĂšte (s.a.w.) qu’il n’était pas dĂ©cĂ©dĂ©, et que je trancherai de mon Ă©pĂ©e celui qui le proclamerai ? » Ibn ‘Abbas a rĂ©pondu : « Ô Amir Al-Mou’minin, je l’ignore ! Mais vous ne l’ignorez pas. » ‘Oumar (r.a.) a dit : « Par Dieu ! La raison Ă©tait que j’avais pour habitude de rĂ©citer ce verset :

ÙˆÙŽÙƒÙŽŰ°ÙŽÙ„ÙÙƒÙŽ ŰŹÙŽŰčÙŽÙ„Ù’Ù†ÙŽŰ§ÙƒÙÙ…Ù’ ŰŁÙÙ…Ù‘ÙŽŰ©Ù‹ ÙˆÙŽŰłÙŽŰ·Ù‹Ű§ لِŰȘÙŽÙƒÙÙˆÙ†ÙÙˆŰ§ ŰŽÙÙ‡ÙŽŰŻÙŽŰ§ŰĄÙŽ Űčَلَى Ű§Ù„Ù†Ù‘ÙŽŰ§ŰłÙ وَيَكُونَ Ű§Ù„Ű±Ù‘ÙŽŰłÙÙˆÙ„Ù Űčَلَيْكُمْ ŰŽÙŽÙ‡ÙÙŠŰŻÙ‹Ű§

« Et c’est ainsi que Nous avons fait de vous une nation Ă©levĂ©e afin que vous soyez les gardiens des hommes, et afin que le Messager d’Allāh soit votre propre gardien. » (2 : 144)

Par Allah, je pensais que le Saint ProphĂšte (s.a.w.) resterait vivant au sein de sa communautĂ© pour ĂȘtre tĂ©moin de ses actions. C’est pour cette raison que j’avais tenu ces propos ce jour-lĂ . »

Je vais rĂ©itĂ©rer le rĂ©cit tirĂ© d’Al-Boukhari Ă  propos du Califat d’Abou Bakr (r.a.). Les Ansar s’étaient rĂ©unis dans la maison de Sa’d Ibn ‘Oubadah et ils ont dĂ©claré : « Choisissons un Emir de parmi nous les Ansar et un autre de parmi vous les Mouhajirine ! » Abou Bakr, ‘Oumar et Abou ‘Oubaydah sont partis Ă  leur rencontre. ‘Oumar a voulu prendre la parole, mais Abou Bakr l’en a empĂȘchĂ©. ‘Oumar relate : « Je souhaitais prendre la parole parce que j’avais prĂ©parĂ© un discours que j’apprĂ©ciais beaucoup. J’avais peur qu’Abou Bakr ne fĂ»t pas aussi Ă©loquent que moi. Mais son discours s’est rĂ©vĂ©lĂ© ĂȘtre plus Ă©loquent que tout autre. Abou Bakr a dĂ©claré : « Nous les Mouhajirine sommes les Emirs et vous les Ansar ĂȘtes les Vizirs. » Abou Habab Ibn Moundhir a rĂ©pliqué : « Non ! Par Dieu, il n’en sera pas ainsi. Nous allons choisir un Emir de parmi vous et un autre de parmi nous. » Abou Bakr a rĂ©pondu : « Non. Nous sommes les Emirs et vous les Vizirs, car les Qouraychites, selon leur lignĂ©e et leur tribu, ont toujours occupĂ© un statut plus Ă©levĂ© parmi les Arabes et ce depuis les temps anciens. » Il a ensuite prĂ©sentĂ© les noms d’Oumar ou d’Abou ‘Oubaydah Ibn Al-Jarrah et a demandĂ© [aux musulmans] de prĂȘter allĂ©geance Ă  l’un d’entre eux et d’en faire leur Calife. ‘Oumar a dit Ă  Abou Bakr : « Non. Nous allons vous prĂȘter allĂ©geance. Car vous ĂȘtes notre chef et le meilleur des nĂŽtres. Vous Ă©tiez le plus aimĂ© par le Saint ProphĂšte Muhammad (s.a.w.) de parmi nous. » Sur ce, ‘Oumar a attrapĂ© sa main et lui a prĂȘtĂ© allĂ©geance. Par la suite, les autres aussi lui ont prĂȘtĂ© allĂ©geance.

Lorsque ‘Oumar a pris la main de Abou Bakr (r.a.) et a dit : « Acceptez notre allĂ©geance. » AussitĂŽt ‘Oumar avait fait la Bai’ah d’Abou Bakr et avait dĂ©claré : « Ô Abou Bakr (r.a.), le Saint ProphĂšte (s.a.w.) vous avait ordonnĂ© de diriger la priĂšre ; vous ĂȘtes donc le Calife d’Allah. Nous faisons votre Bai’ah car vous Ă©tiez le plus aimĂ© du Saint ProphĂšte (s.a.w.). »

La biographie d’Ibn Hicham relate ceci concernant la sĂ©dition des apostats : « Lorsque le Saint ProphĂšte (sws) est dĂ©cĂ©dĂ©, les malheurs des musulmans avaient augmentĂ©. Un rĂ©cit m’a Ă©tĂ© rapportĂ© par ‘AĂŻcha (r.a.). Elle a dĂ©clarĂ© que lorsque le Saint ProphĂšte (s.a.w.) est dĂ©cĂ©dĂ©, les Arabes ont empruntĂ© la voie de l’apostasie, les Juifs et les chrĂ©tiens se sont soulevĂ©s, et l’hypocrisie Ă©tait devenue manifeste. (Ibn Ishaq dit ceci.)

Abou Hourayrah (r.a.) dit que lorsque le Messager d’Allah (s.a.w.) est dĂ©cĂ©dĂ© et qu’Abou Bakr (r.a.) est devenu le Calife aprĂšs lui et que certains des Arabes ont mĂ©cru, ‘Oumar ibn Al-Khattab a demandĂ© Ă  Abou Bakr comment se battre contre eux quand le Saint ProphĂšte (s.a.w.) avait dĂ©claré : « Il m’a Ă©tĂ© ordonnĂ© de combattre ceux-lĂ , jusqu’à ce qu’ils dĂ©clarent : « Il n’y a d’autre Dieu qu’Allah. » » C’est-Ă -dire qu’il ne faut pas combattre ceux qui proclament l’unicitĂ© de Dieu. Celui qui dĂ©clarera qu’il n’y a d’autre Dieu qu’Allah, ses biens et sa vie seront prĂ©servĂ©s, Ă  moins qu’il n’y ait une raison lĂ©gale de ne pas le protĂ©ger. Dieu sera responsable de son jugement.

Abou Bakr (r.a.) a dĂ©claré : « Par Allah ! Je combattrai celui qui fera la diffĂ©rence entre la Salat et la Zakat. Je le combattrai, car la Zakat est un devoir financier. Par Allah, s’ils refusent de me donner ne serait-ce qu’une corde qu’ils utilisaient pour attacher les pattes de leurs animaux et qu’ils offraient naguĂšre au Saint ProphĂšte (s.a.w.), alors je les combattrai. » ‘Oumar ibn Al-Khattab a ajouté : « Par Allah, j’ai vu par la suite qu’Allah avait convaincu Abou Bakr (r.a.) de les combattre. J’avais ainsi compris que c’était la bonne chose Ă  faire. »

Lors du dĂ©part de l’armĂ©e d’Oussama ibn Zayd, Abou Bakr (r.a.) avait prodiguĂ© des conseils Ă  Oussama qui Ă©tait sur sa monture ; Abou Bakr (r.a.) marchait Ă  ses cĂŽtĂ©s. Oussama (r.a.) l’a invitĂ© Ă  monter sur une monture et que sinon il allait marcher lui aussi. Abou Bakr (r.a.) lui a rĂ©pondu : « Restes sur ta monture ! Par Dieu je ne monterai pas. » Il a ajouté : « Pourquoi ne marcherais-je pas dans la voie d’Allah, quand en Ă©change de tout pas que le combattant fait, sept cents actes de piĂ©tĂ© sont inscrits dans son registre ainsi que sept cents exaltations de rang et sept cents de ses pĂ©chĂ©s sont pardonnĂ©s. » AprĂšs lui avoir prodiguĂ© ces conseils, Abou Bakr (r.a.) a dit Ă  Oussama : « Si tu le considĂšres pertinent, tu peux m’aider Ă  travers ‘Oumar. » Il lui a demandĂ© l’autorisation de laisser ‘Oumar Ă  ses cĂŽtĂ©s, car le Saint ProphĂšte (s.a.w.) avait demandĂ© Ă  ‘Oumar (r.a.) de faire partie de l’armĂ©e d’Oussama. Oussama a acceptĂ© la demande d’Abou Bakr (r.a.).

À l’époque d’Abou Bakr (r.a.), au cours de la bataille de Yamama, soixante-dix HouffĂądh, qui avaient mĂ©morisĂ© le Saint Coran, Ă©taient tombĂ©es en martyrs. Zayd ibn Thabit Al-Ansari relate Ă  ce propos : « Abou Bakr (r.a.) m’a fait appeler lorsque les gens de Yamama sont tombĂ©s en martyr, ‘Oumar Ă©tait Ă  ses cĂŽtĂ©s. Abou Bakr (r.a.) a dĂ©claré : «’Oumar est venu me voir, et m’a informĂ© que de nombreux musulmans Ă©taient tombĂ©s en martyr au cours de la bataille de Yamama, et j’ai peur que d’autres Qaris (personnes ayant mĂ©morisĂ© le Saint Coran) ne tombent en martyrs au cours d’autres batailles, et qu’ainsi une partie du Coran soit perdue, Ă  moins que tu ne compiles l’ensemble des versets du Coran ; je suis d’avis qu’il faut le faire. » Il a ajouté : « J’ai dit Ă  ‘Oumar : comment puis-je ordonner quelque chose qui n’a pas Ă©tĂ© ordonnĂ©e par le Saint ProphĂšte (s.a.w.) ? » ‘Oumar a rĂ©pondu : « Par Dieu, il s’agit d’une noble tĂąche ! » Il m’a rĂ©pĂ©tĂ© cela Ă  plusieurs reprises, au point oĂč Allah m’a convaincu qu’il fallait le faire, et je considĂšre pertinent ce que ‘Oumar a proposĂ©. » ‘Oumar Ă©tait assis Ă  ses cĂŽtĂ©s et gardait le silence. Abou Bakr (r.a.) a ajouté : « Tu es jeune et sage, et nous n’avons aucun soupçon Ă  ton Ă©gard. Tu avais pour habitude de retranscrire les rĂ©vĂ©lations reçues par le Saint ProphĂšte (s.a.w.), alors recherche toutes les parties du Coran et compile-les. » Zayd ibn Thabit a rĂ©pondu : « Je jure au nom de Dieu, que s’il m’avait confiĂ© la mission de dĂ©placer une montagne d’un endroit Ă  un autre, cela m’aurait Ă©tait plus facile que la tĂąche qu’il venait de me confier. » C’est-Ă -dire celui de compiler le Saint Coran. Zayd a rĂ©pondu : « Pourquoi entreprenez-vous ce que le Saint ProphĂšte (s.a.w.) n’avait pas entrepris ? » Abou Bakr (r.a.) a dĂ©claré : « Par Allah, il s’agit d’une tĂąche noble. » Zaid a ajouté : « J’ai rĂ©pĂ©tĂ© cela plusieurs fois, jusqu’à ce qu’Allah m’ait convaincu comme Il avait convaincu Abou Bakr (r.a.) et ‘Oumar (r.a.). Je me suis levĂ© et je suis parti Ă  la recherche des diffĂ©rentes parties du Saint Coran. Je les ai recherchĂ©es sur des morceaux de cuir, sur des omoplates, sur des branches de palmiers de dattes, et dans la mĂ©moire des gens. J’avais trouvĂ© deux versets de la sourate Al-Taubah auprĂšs de Houdhaymah Al-Ansari que je n’avais trouvĂ©s chez personne d’autre. Il s’agit des versets :

Ù„ÙŽÙ‚ÙŽŰŻÙ’ ŰŹÙŽŰ§ŰĄÙŽÙƒÙÙ…Ù’ Ű±ÙŽŰłÙÙˆÙ„ÙŒ مِنْ ŰŁÙŽÙ†Ù’ÙÙŰłÙÙƒÙÙ…Ù’ ŰčَŰČِيŰČٌ Űčَلَيْهِ Ù…ÙŽŰ§ ŰčَنِŰȘُّمْ Ű­ÙŽŰ±ÙÙŠŰ”ÙŒ Űčَلَيْكُمْ ŰšÙŰ§Ù„Ù’Ù…ÙŰ€Ù’Ù…ÙÙ†ÙÙŠÙ†ÙŽ Ű±ÙŽŰĄÙÙˆÙÙŒ Ű±ÙŽŰ­ÙÙŠÙ…ÙŒ

« AssurĂ©ment, un Messager de parmi vous-mĂȘmes est venu Ă  vous, qui s’affligent de vous voir en difficultĂ©s ; qui est plein de sollicitude Ă  votre Ă©gard, qui est particuliĂšrement compatissant et misĂ©ricordieux envers les croyants. » (9 : 128)

Le hadith relate qu’il y avait deux versets : il s’agit lĂ  de l’un des deux. Peut-ĂȘtre que l’autre verset est le verset d’aprĂšs. Les feuilles sur lesquelles le Saint Coran a Ă©tĂ© compilĂ© sont restĂ©es en la possession d’Abou Bakr (r.a.) jusqu’à son dĂ©cĂšs. Ensuite elles Ă©taient en la possession d’Oumar (r.a.) jusqu’à son dĂ©cĂšs. La compilation Ă©tait ensuite en la possession de Hafsa bint ‘Oumar. ‘Outhman (r.a.) l’avait rĂ©cupĂ©rĂ©e d’auprĂšs d’elle par la suite.

Je continuerai ces récits la prochaine fois, Incha Allah.


(Le site www.islam-ahmadiyya.org prend l’entiĂšre responsabilitĂ© de la publication du texte de ce sermon)

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